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Le Millepertuis

Huile-essentielle-de-millepertuis

Noms communs : Millepertuis, herbe de la Saint-Jean.
Nom botanique : Hypericum perforatum, famille des hypéricacées ou clusiacées.

Parties utilisées : Sommités fleuries, principalement les fleurs et les jeunes feuilles entourant les inflorescences.
Habitat et origine : Originaire d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, la plante est aujourd’hui naturalisée un peu partout, y compris en Afrique, en Asie, en Australie et en Amérique du Nord. C’est une plante vivace dont la floraison, d’un beau jaune vif, atteint un sommet aux environs de la Saint-Jean (24 juin), moment idéal pour récolter les sommités fleuries. À l’état sauvage, on la trouve dans les prairies sèches, les champs, les terrains abandonnés ou négligés, en bordure des chemins, le long des voies ferrées, etc.

ATTENTION : Précaution avec le millepertuis

Passer d’un antidépresseur de synthèse au millepertuis

Le millepertuis interagit de manière potentiellement dangereuse avec les antidépresseurs de synthèse et l’organisme peut mettre un certain temps à les éliminer. On recommande donc de ménager un certain intervalle de temps entre l’interruption d’un traitement à un antidépresseur de synthèse et le début d’un traitement au millepertuis. Votre médecin devrait pouvoir vous dire en combien de temps votre organisme aura éliminé le médicament de synthèse.
Cesser un traitement au millepertuis

Il est souvent suggéré de diminuer graduellement les dosages de millepertuis durant 1 à 2 semaines lorsque l’on veut interrompre un traitement, afin d’éviter un potentiel syndrome de sevrage.
Fromage, vin rouge et décongestifs

On a cru un temps que le millepertuis faisait partie de la famille des inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO), ce qui menait à conseiller d’éviter la consommation simultanée de fromage et de vin rouge, ainsi que l’utilisation de décongestifs en même temps que la plante. Cette hypothèse est aujourd’hui infirmée et ces mises en garde ne tiennent plus. Les IMAO sont des antidépresseurs de deuxième génération, dont l’usage peut faire augmenter la tension artérielle lorsqu’on les combine à la tyramine, une substance présente, entre autres, dans le vin rouge et le fromage.

Contre-indications

On a signalé le cas d’un patient atteint de la maladie d’Alzheimer chez qui le millepertuis aurait provoqué une crise psychotique. On a relevé 2 autres cas semblables chez des schizophrènes en rémission.
Par ailleurs, comme c’est le cas pour les antidépresseurs en général, le millepertuis pourrait provoquer des périodes hypomaniaques chez les personnes atteintes de troubles bipolaires.
L’innocuité du millepertuis chez les femmes enceintes n’est pas établie hors de tout doute33. Chez celles qui allaitent, selon un suivi de 1 an auprès de 33 femmes, il semble sécuritaire.
Les patients ayant des idées suicidaires doivent éviter de prendre du millepertuis.
Eviter de prendre du millepertuis avant une opération (risque de réduire les effets de l’anesthésiant).

Effets indésirables

Les effets indésirables liés à la prise de millepertuis sont rares et généralement bénins : légers troubles digestifs, allergies cutanées, fatigue, nervosité, maux de tête et sécheresse buccale.
On a fait grand cas de l’action photosensibilisante de la plante après que des vaches et des moutons qui broutaient dans des champs de millepertuis avaient développé une sensibilité excessive aux rayons solaires35. Cependant, 3 essais cliniques ont confirmé que l’effet photosensibilisant du millepertuis est inexistant aux doses normalement consommées.

Les personnes qui ont le teint pâle ou une peau particulièrement sensible aux rayons solaires doivent s’assurer ne pas excéder les doses normales de millepertuis. Il est préférable que les personnes qui reçoivent des traitements aux rayons ultraviolets ne prennent pas de millepertuis.

Interactions

Le millepertuis interagit avec beaucoup de médicaments. Les données actuelles indiquent que c’est l’hyperforine qu’il contient qui cause ces interactions.

Avec des plantes ou des suppléments

Aucune connue.

Avec des médicaments

Antidépresseurs. Qu’ils soient de la famille des inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS), comme le Prozac®, de celle des inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO), comme la phénelzine, ou encore de celle des tricycliques, comme l’imipramine, les antidépresseurs de synthèse peuvent avoir des interactions dangereuses avec le millepertuis (augmentation du taux de sérotonine, par exemple).
Le millepertuis peut aussi interagir avec le tramadol (antidouleur) et le sumatriptan (antimigraineux) de la même façon qu’avec les antidépresseurs.

Le millepertuis interagit avec de nombreux médicaments. Par exemple, il diminue l’efficacité des médicaments suivants :

ivabradine (utilisé dans le traitement de l’angor stable, un trouble cardiaque)
inhibiteur de protéase (sida)
inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (sida)
cyclosporine (inhibiteur immunitaire)
digoxine (maladies cardiaques)
statine (anticholestérol, par exemple atorvastatine and pravastatine)
warfarine (anticoagulant)
agents de chimiothérapie (par exemple, imatinib, irinotécan)
anovulants
antipsychotiques
théophylline (asthme)
anti-inflammatoires (par exemple ibuprofène et fexofénadine).
Antidiabétiques
Sédatifs. Le millepertuis pourrait atténuer l’efficacité du zolpidem, un médicament sédatif.
Médicaments métabolisés avec des enzymes du cytochrome P450 (enzymes du foie). En effet, le millepertuis active ces enzymes avec lesquelles interagit notamment l’antipsychotique clozapine (Clozaril).

Sur les tablettes

De multiples suppléments de millepertuis sont présents sur les tablettes. Jean-Yves Dionne, pharmacien, donne le conseil suivant pour choisir un produit efficace. « Je recommande de choisir soit un supplément traditionnel non standardisé sous forme de teinture, tisane ou capsule, soit un extrait standardisé en hypéricine ET en hyperforine. Un produit traditionnel fabriqué avec l’ensemble de la plante contient tous les ingrédients actifs nécessaires. Du côté des extraits standardisés, ceux qui affichent uniquement leur pourcentage d’hypéricine sont généralement des produits de piètre qualité. Les extraits affichant leur pourcentage d’hypéricine et d’hyperforine sont de qualité supérieure. »

Ce que peut soigner le millepertuis

Dépression légère à modérée. Les données sur l’efficacité des extraits standardisés de millepertuis sont convaincantes. Plusieurs méta-analyses, dont une mise à jour en 2008, ont conclu que l’extrait de millepertuis est plus efficace qu’un placebo et qu’il l’est autant que les antidépresseurs de synthèse, tout en provoquant moins d’effets indésirables que ces derniers4-6. Les antidépresseurs auxquels on a comparé le millepertuis comprennent aussi bien ceux du type fluoxétine (Prozac®), sertraline (Zoloft®), citalopram (Celexa®) et parotéxine (Paxil®) que les médicaments de type plus ancien comme l’imipramine.

Dépression grave. Les auteurs d’une méta-analyse publiée en avril 2008 ont scruté 29 études. Ils ont conclu que les données sur l’effet du millepertuis en cas de dépression grave étaient insuffisantes pour conclure à son efficacité même si certaines des études avaient donné des résultats positifs.

Troubles psychosomatiques. Les troubles psychosomatiques sont des problèmes psychologiques qui nuisent à la guérison d’une maladie ou qui augmentent son risque d’évolution défavorable. Par exemple, une situation de stress ou des symptômes dépressifs peuvent entraver la guérison d’une maladie cardiaque ou la convalescence à la suite d’une opération chirurgicale.

Ménopause. Comme la ménopause peut s’accompagner de dépression, des chercheurs ont vérifié l’efficacité du millepertuis. Les résultats sont prometteurs, mais comme les études sont hétérogènes (sujets et objectifs différents, notamment), ce qui rend difficile de tirer une conclusion sur l’efficacité du millepertuis.

Cycles menstruels. Une étude rapporte qu’un extrait de millepertuis (Lichtwer Pharma AG, Berlin, Germany, 900 mg/jour) pourrait réduire certains symptômes reliés aux cycles menstruels (insomnie, fatigue, maux de tête, pleurs, gonflement) lorsqu’il est pris pendant (et non avant) ces cycles51. Une autre étude a également montré une efficacité de l’extrait de plante.

Efficacité incertaine Gliome. Une étude préliminaire a rapporté qu’une injection orale d’hypericine pouvait diminuer la taille de la tumeur chez des patients atteints de gliomes malins.

Efficacité incertaine Psoriasis. Le millepertuis sous forme liquide ou de pommade semble diminuer la sévérité et la taille des plaques de psoriasis, comparé au groupe placebo, selon une étude pilote publiée en 2012.

Efficacité incertaine Syndrome des jambes sans repos. Le millepertuis diminue la sévérité des symptômes de la maladie de Willis-Ekbom (ou syndrome des jambes sans repos) sur 17 des 21 patients ayant pris part à l’étude. Cet effet est vraisemblablement attribuable à la capacité de la plante à stimuler l’enzyme CYP4503A4. Une étude avec un groupe placebo est nécessaire pour confirmer ces résultats.